mardi 16 juin 2009

L'ADMR prend ses quartiers urbains

Déjà installée à Reims et Châlons, l’association du service à domicile qui se cantonnait jusque là au milieu rural, s’installera d’ici la fin d’année dans les principales villes marnaises.

Profitant des lois Borloo, l’ADMR poursuit son développement des services à la personne, non plus seulement auprès des plus fragiles (personnes âgées ou handicapées), mais cette fois en faveur de tous.
« Nous proposons déjà aux familles qui le demandent, des heures de repassage, de ménage, de bricolage ou de la garde d’enfants » énumère Alain Montay, directeur de la Fondation ADMR dans la Marne, qui tient à préciser « qu’il n’est pas question de faire concurrence aux entreprises privées, déjà implantées dans les villes et spécialisées dans ces domaines ». Alors pourquoi vouloir étendre son maillage au milieu urbain ? S’installer en ville s’accompagne en réalité d’un avantage non-négligeable : le nombre évidemment accru de prestataires potentiels. En outre, les personnels de l’ADMR se sont aperçus que depuis une dizaine d’année, bon nombre de prestataires âgés faisaient le choix de retourner vivre en ville (de par la proximité des commerces, des services de santé etc.). Enfin, il se trouve qu’intervenir en ville coûte tout simplement moins cher qu’en campagne (les frais de déplacement étant considérablement réduits). Alain Montay rassure cependant le monde rural : « il n’est en aucun cas question de privilégier la branche urbaine de l’ADMR au détriment des antennes rurales. De même, nous consacrerons toujours davantage d’attention aux personnes les plus fragiles qui représentent plus de la moitié de nos prestataires ». Effectivement, sur les 620 000 heures de travail effectuées chaque année par les 700 aides à domicile à destination des 5 200 bénéficiaires, plus de 50% d’entre elles sont destinées aux personnes les plus fragiles (aide à la toilette, accompagnement social).Des mots du directeur, les entreprises de services à la personne rémoises n’ont pas accueilli avec hostilité l’arrivée de l’ADMR en ville. Reste qu’avec l’ouverture prochaine d’une maison des services estampillée ADMR à Epernay puis une à Vitry-le-François, il y a fort à croire que les différentes enseignes ne pourront malgré tout s’empêcher de rentrer en concurrence.
A.H.

vendredi 5 juin 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel

Il devait y avoir quelque chose dans l’air…

Au tribunal correctionnel cet après-midi là, les sourires pleuvent autant que les condamnations. Deux raisons possibles à ce paradoxe : le grand soleil extérieur et surtout les abracadabrantesques affaires jugées à l’audience. Nous en retiendrons exceptionnellement deux tant la séance fut riche et délicieusement cocasse.
La première histoire met en scène Rachid et Joseph, à peine âgés de vingt-ans. Leur faute : avoir commis des violences sur le vigile du supermarché du coin. Pourquoi donc prendre à parti cette valeureuse sentinelle ? « On lui a demandé s’il nous dénoncerait au cas où on volerait quelque chose dans le magasin et il a dit que oui, c’est vraiment pas sympa ! » explique Rachid. Pas cool en effet…Dire que les deux compères voulaient juste voler des biscuits pour le goûter, le monde est cruel. Amusé, le président se montre taquin : « évidemment je lis que vous niez les faits…Vous êtes juste de bons et honnêtes clients du magasin qui payent tous leurs achats en caisse c’est ça ? ». « Tout à fait monsieur ! » répliquent en chœur les deux comparses, avant de laisser le président poursuivre : « et vous allez me dire que c’est une erreur si vous êtes renvoyés aujourd’hui devant ce tribunal, encore la faute à la société sans doute ? ». C’est l’hilarité générale dans la salle, à tel point que les magistrats eux-mêmes rient franchement. Une décontraction affichée qui redouble lorsque se présente à la barre Thierry. Déjà condamné onze fois, ce quadragénaire se voit reprocher le vol d’une sacoche contenant près de 90€. « C’était mon anniversaire, j’avais pas d’argent mais je voulais m’faire un p’tit cadeau quand même ». Quoi de plus normal ?! Le récit s’intensifie lorsqu’Eric, la victime, affirme que Thierry ne cherchait pas simplement qu’à le voler, mais voulait en outre lui faire des avances. « Quels types d’avances ? » s’interroge le président ; « je vous laisse deviner » répond solennellement Eric. Ce à quoi le magistrat répliquera, le sourire au coin des lèvres : « vous savez, je n’ai aucune imagination, encore moins dans ce domaine ». Et c’est ainsi qu’en moins de trois minutes, Thierry est passé malgré lui de petit voleur à la tire à homosexuel refoulé.La place me manque, mais c’est avec délectation que je vous aurais aussi parlé de Sébastien, jeune incendiaire de 27 ans ayant saccagé un salon de coiffure dans l’unique espoir d’y voler une tondeuse à cheveux. Ô cultissime correctionnelle, puisses-tu être toujours aussi généreuse en affaires incongrues !

A.H.

De l'assiette à l'Europe

En vue des élections de juin, le Parlement européen a lancé une vaste campagne de sensibilisation à travers des conférences-débats intitulées Le Midi du Parlement, dont l’une s’est tenue cette semaine à Reims.

Les élections européennes ne passionnent pas les euro-citoyens que nous sommes et les députés siégeant à Strasbourg l’ont bien compris. Aussi ont-ils mis en place ces conférences dans le but de sensibiliser un maximum de personnes à la thématique Europe.
Organisée à la Fnac devant une trentaine de curieux, la conférence rémoise avait pour thème : Qualité, sécurité, traçabilité : comment l’Europe veille sur mon assiette. Choisir l’alimentation comme sujet principal n’a rien du hasard : ce thème, cher à bon nombre de français, suscitent toujours de vifs débats et moult questions. Rappelant l’implication de l’Europe dans la garantie d’une alimentation saine, à travers notamment un étiquetage fiable, de bonnes pratiques agricoles et la préservation des terroirs, ces rencontres font le lien entre les préoccupations personnelles des citoyens et les idées politiques que l’Union Européenne souhaite diffuser en la matière. C’est dans ce sens que s’inscrit la démarche des intervenants des Midi du Parlement, à l’image de Pierre Bach Thai, vétérinaire consultant et expert auprès de la Cour d’Appel de Reims : « la question de la sécurité alimentaire est une question internationale. Le public ne réalise pas toujours l’importance des décisions prises en hauts lieux à Bruxelles alors que ce sont ces lois qui régissent aujourd’hui les politiques de chaque pays de l’UE». Pour autant, la majeure partie des auditeurs présents ce jour-là à la conférence semblait davantage concernée par l’alimentation en elle-même que par les futures élections. A dix-neuf ans, Alexandre, étudiant en IUT, souhaitait « s’informer sur les mesures d’hygiène aux différentes étapes de la chaîne alimentaire » tandis que Martin, quarante-neuf ans, aurait voulu « porter le débat sur les mesures de sécurité alimentaire dans les exportations ». L’isoloir est encore loin…
A.H.

mercredi 27 mai 2009

Les écoles d'infirmières font leur révolution

Un changement majeur va s’opérer en septembre dans les instituts de formations en soins infirmiers (IFSI). Le 29 avril dernier, le Haut Conseil des Professions Paramédicales à voté l’universitarisation de l’enseignement.

Longtemps repoussée, la réforme de l’universitarisation de l’enseignement infirmier se mettra bien en place dès la rentrée 2009. Réunis à Reims dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de leur association, les adhérents du CEFIEC (Comité d’Entente des Formations Infirmières Et Cadres) sont longtemps revenus sur cette loi, voulue par Nicolas Sarkozy et mise en place avec le Ministère de la santé.
Une refonte complète
Jusqu’à maintenant, la formation en soins infirmiers se déroule sur trente-six mois et sept semaines, et s’articule autour de stages et de divers modules indépendants. Les programmes actuels, basés sur les contenus, laisseront bientôt place à des programmes centrés sur les compétences. « On a déterminé dix compétences (dix matières complémentaires) que l’on a réparties en six semestres. Désormais, le diplôme d’Etat d’infirmier s’apparentera à une licence où il faudra, comme à la fac, valider ses 180 crédits pour être reçu » résume Christian Camou, président du CEFIEC. Les stages garderont évidemment une place primordiale dans l’enseignement. Ils seront moins fréquents mais plus longs (cinq, dix et quinze semaines). Déjà en place en Grèce, Bulgarie, Espagne ou au Royaume-Uni, l’intégration de la formation infirmière dans un cursus universitaire (sous la forme Licence-Master-Doctorat) devra être définitivement en place d’ici 2010. Un vrai progrès pour Jane-Laure Danan, vice-présidente du CEFIEC : « à partir du moment où le diplôme infirmier correspondra au niveau licence, il devra y avoir des augmentations de salaire. D’autre part, cette maquette devrait diminuer le nombre d’abandons en cours de formation ».Le CEFIEC a été un intermédiaire indispensable entre les directeurs d’IFSI, les formateurs d’un côté, et les pouvoirs publics de l’autre. Représentant les intérêts communs des structures de formation (il représente 92% des instituts), le Comité est également force de proposition dans les travaux de réforme des études de santé. Une réforme dont la vocation première est bien de former le maximum d’infirmiers, en vue du déficit prévu de personnel médical dans les années à venir.

A.H.

vendredi 15 mai 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel

Léon le sanguin

La Russie avait son Terrible Ivan, le royaume de France son colérique Louis X et le septième art sa fripouille Jacquouille…A travers l’ami Léon, Reims rivalisera désormais parmi ces grands noms de l’Histoire. A cinquante-neuf ans, rien ne prédestinait pourtant ce viticulteur à pareil sobriquet jusqu’à ce 5 avril dernier. Une sale journée qui lui vaut aujourd’hui de comparaitre devant le tribunal pour violences aggravées, outrage à agent et rébellion. Imaginez des gendarmes en mission, installant leur radar au bord d’une route à deux pas de la ville. Les militaires sont détendus, le soleil brille, les oiseaux chantent, et rien ne semble pouvoir troubler la quiétude de l’instant. Mais voilà que du virage débouche Léon. A la vue des gendarmes, l’individu stoppe son véhicule, accourt vers eux et se met à les frapper tout en les insultant : « Salauds, vous n’avez que ça à foutre d’emmerder les gens, on vous voit jamais en banlieue par contre ! ». Des propos injurieux qui s’expliquent d’autant moins que Léon n’était à ce moment-là l’objet d’aucun contrôle. Un détail qui intrigue le président, très en forme à l’audience : « Vous aviez bu ? Vu votre profession, j’espère au moins que c’était du champagne ! Combien de bouteilles au total ? ». Surpris du ton ironique du magistrat, Léon semble pris de court dans ses réponses : « euh, je ne sais plus vraiment ce qu’il s’est passé pour tout vous dire » balbutie-t-il timidement. Ce à quoi rétorque instantanément le président : « je vais vous le dire moi. Vous avez eu un coup de folie. En voyant les gendarmes vous vous êtes rué sur eux et avait fait tomber la casquette d’un officier par provocation. C’est étrange car d’habitude, les viticulteurs aiment bien les gendarmes, surtout quand ils viennent surveiller leur propriété ». Le juge est décidément bien en verve et son humour corrosif est intact. L’assistance s’est au demeurant tue après cette cinglante réplique. Les plus hermétiques aux sarcasmes grincent des dents, les autres s’en donnent à cœur joie, et qu’importent les réquisitions du procureur et la plaidoirie de l’avocat de la Défense, seules les remarques du Président paraissent rester dans les mémoires. Le tribunal suivra-t-il la conviction du magistrat ? Le jugement a été mis en délibéré.

A.H.

vendredi 8 mai 2009

Olivia l'enchanteresse


Douce soirée de mai où les embruns estivaux rappellent que l’été est proche. En attendant le chant des cigales, le farniente sur les plages et les siestes à l’ombre des longs pins, c’est le Sud qui monte à nous ce soir ; savoureux prémisses au bonheur méditerranéen. Olivia Ruiz est à Reims, en concert à la Cartonnerie. Avec elle, son accent, son talent, sa présence d’un soir et son univers bien à part. Un brin de femme tout en douceur, tranchant avec la Miss Météores à l’explosion scénique considérable. Rencontre…



Miss Météores est le premier album sur lequel vous signez tous les textes, est-ce ce vers quoi vous souhaitez vous orienter à l’avenir : des albums que vous façonnerez de A à Z ?
Olivia Ruiz
: Je ne suis pas le genre de personne à avoir un égo à satisfaire. Ça s’est fait comme ça tout simplement, par spontanéité, coup de cœur et inspiration. Par contre, c’est vrai que le succès de l’album précédent et les témoignages de sympathies et encouragements que j’ai reçus du public m’ont permis d’oser davantage sur Miss Météores.

Reims est la 1e date de cette nouvelle tournée, comment se sent-on à quelques heures de monter sur scène ?
O.R
: Complètement stressée, même paniquée. Je suis très traqueuse d’habitude, mais encore plus aujourd’hui. Déjà il y a un gros décor pour la scène, ça demande beaucoup de travail pour les techniciens, et toute l’équipe est sous pression. Je ressens ça, toute cette tension. En plus ça fait un moment que je n’ai plus enchainé deux heures de suite de spectacle. Ajoutés au fait que le concert soit complet, tous ces éléments n’ont pas vocation à me rassurer (rires). Mais c’est un vrai bon tract par ailleurs.

Une nouvelle fois sur ce nouvel album, deux titres en anglais. Chanter dans la langue de Shakespeare, c’est une vraie passion ?
O.R
: J’adore chanter en anglais, mais ce n’est pas du tout facile pour moi car je suis nulle dans cette langue. Sur des chansons qu’on peut m’écrire, je passe des heures à travailler la prononciation et quand c’est moi qui prends la plume en anglais…je m’arrange toujours pour utiliser des mots pas trop compliqués (rires).

En parallèle du disque et de la tournée, il y a un vrai projet humanitaire avec votre frère…
O.R
: Plus qu’un projet, c’est un disque hip-hop réalisé avec mon frère Anthony en faveur du Burkina-Faso. Quand il m’a fait écouter ce qu’il faisait, je me suis dis qu’il fallait vraiment qu’on collabore. On a réussi à trouver un sponsor et à sortir le CD. Il y a beaucoup de choses à dire aux européens sur la situation de l’Afrique actuellement, nos responsabilités et les vrais besoins de ce continent.

En une phrase, qui est pour vous la Miss Météores ?
O.R
: C’est avant tout une partie de moi, comme l’était la Femme Chocolat. Mais c’est aussi une petite poupée que chacun connait un peu. Une comète qui passe dans la nuit et cherche dans quel coin elle va pouvoir se cogner puis s’ancrer.

Miss Météores
Olivia Ruiz
Album Polydor

A.H.


jeudi 7 mai 2009

D'une allergie à une autre

La saison s'y prêtant, petit aparté sur les allergies, dont un champardennais sur trois est victime annuellement. Votre rédacteur confirmant cette statistique, il me paraissait indispensable d'y faire un clin d'oeil (si celui-ci ne faillit toutefois pas devant un pollen).


De l'allergie respiratoire aux allergies alimentaires il n'y a qu'un pas, insoupçonné de chacun le plus souvent.


Les allergies alimentaires sont elles-aussi très fréquentes. Survenant lors de l’ingestion, l’inhalation ou le contact cutané avec un aliment, elles s’accompagnent de symptômes digestifs (diarrhées, vomissement), cutanés (urticaire, eczéma…) ou respiratoires (asthme, rhinite). Loin de minimiser leurs effets, les scientifiques pensent au contraire qu’une partie des allergies dites classiques (acariens, pollen etc.) a justement pu être précédée par une allergie alimentaire dans la petite enfance, passée inaperçue à l’époque. Celle-ci serait la conséquence de la prise de repas trop variés, donnés trop jeunes à l’enfant. C’est pourquoi aujourd’hui, les spécialistes recommandent de nourrir l’enfant exclusivement au lait jusqu’à au moins six mois. La corrélation entre allergies alimentaires et respiratoires ne s’arrête cependant pas là, certaines ayant une protéine allergisante commune, l’individu peut ainsi développer une double allergie : le bouleau avec la pomme de terre, le pollen avec les fruits, l’acarien avec les crustacés, le kiwi et la banane avec le latex, ou encore l’œuf avec les plumes.

A.H.

Les Beaux-Arts par le trou de la serrure

Il y a la visite officielle, et il y a l’autre, celle à laquelle le visiteur n’a traditionnellement pas accès, celle des réserves privées du musée recélant un patrimoine artistique unique et inestimable.

En arpentant les diverses salles d’exposition, le curieux et le connaisseur ignorent sûrement ne voir que 6% des œuvres exposables appartenant aux Beaux-Arts. Entre les dessins les plus fragiles, les toiles abimées ou les meubles en attente de restauration, la majeure partie des collections se trouve en réalité dans les huit réserves que comptent le musée (pour le mobilier, les peintures, les céramiques, les arts graphiques, les sculptures, les arts sacrés et l’ethnologie.
De la caverne aux trésors

A l’origine, les réserves ne devaient servir que de dépôt, abritant soit les fonds propres du musée, soit des œuvres que le Ministère de la Culture décidait d’y entreposer (par souci de place ou lors d’expositions itinérantes). S’enrichissants de nombreuses donations privées au fil des ans, les vastes pièces se sont rapidement remplies (le musée compte en 2009 près de 50 000 œuvres dont 27 000 peintures). Néanmoins aujourd’hui, les réserves ne sont plus de simples lieux de stockage mais servent également de zones de transit (lors du transport des œuvres d’un musée à un autre) et d’ateliers de restauration (les restaurateurs venant travailler sur place quotidiennement). Des lieux multi-usages devenus indispensables mais qui ne peuvent être ouverts au public, bien qu’avide de découvrir ces trésors cachés. « On nous demande souvent pourquoi la majorité des fonds sont entreposés dans les réserves au lieu d’être exposés. Il faut savoir que bon nombre d’œuvres, notamment les tapisseries ou les dessins, craignent la lumière et doivent donc être conservées dans le noir la majeure partie du temps » précise David Liot, directeur des Beaux-Arts de Reims. Reste qu’avec seulement 400 œuvres en salle, le problème vient aussi de la place disponible…

Un besoin d’extension

En ce sens, la direction des Beaux-Arts et la Ville de Reims ont réfléchi à la création d’un nouveau musée qui pourrait voir le jour à l’horizon 2015, en lieu et place de l’actuel parking du Boulingrin. Cependant David Liot rappelle « qu’au-delà de la partie publique, il ne faudra surtout pas négliger l’espace alloués aux réserve », précisant « qu’il faudrait pour bien faire 1800 m² disponibles » (contre 900 m² rue Chanzy). Cette capacité accrue de stockage permettrait d’exposer 30% des possessions du musée et renforcerait de ce fait la diversité des expositions présentées. Le directeur précise en outre « qu’il est important pour le prochain bâtiment, que toutes les réserves se trouvent sur place afin d’avoir les œuvres à disposition et non éparpillées aux quatre coins de la ville. On veut un musée évolutif et polyvalent où l’on pourrait rapidement changer les œuvres exposées, et en montrer ainsi un maximum »
L’exposition Corot offre actuellement au musée 10 000 visiteurs par mois (contre 3000 habituellement). Il serait dommage de laisser retomber la vague d’affluence, faute de pouvoir renouveler régulièrement les collections exposées dû au manque de place, en salle et dans les réserves.

Musée des Beaux-Arts de Reims – 8, rue Chanzy – 03.26.35.36.00 – Ouvert tous les jours sauf le mardi

A.H.

Je tiens à remercier David Liot pour son professionnalisme et la grande disponibilité dont il a fait preuve.


mercredi 6 mai 2009

Tentation Carambar


Carambar au Nougat, barreau de sucre pour goujats ;
Carambar à l’Orange, amer cylindre que tout dérange ;
Carambar Minis, astucieuses malices aux milles calories ;
Carambar Barbe à Papa, ou l’alliance d’un mythe au forain de joie ;
Carambar Atomic, pour le crépitement d’un palais qui s’agite ;
Carambar au Cola, garrot d’amour en guise d’encas ;
Carambar Molo, agite son être en trémolo ;
Carambar Pomme-Cassis, bi-goût de charme en longue vis ;
Carambar au Citron, luxueux agrume reconnait-on ;

Carambar d’antan, chique la vie avec mordant.

ça s'est passé au tribunal correctionnel

« Joyeux bordel dans mes amours… »

L’amour a ses raisons que la justice adore, cœur et sentiments entraînants toujours leurs lots d’égarements, d’inconscience et de folie. La procédure en comparution immédiate a, en outre, la perverse tâche de jeter l’huile sur le feu des passions n’ayant encore eu le temps de s’apaiser. Illustrant à merveille ces abstraites évidences, Bruno se serait pourtant bien passé des projecteurs judiciaires. Son défaut ? La jalousie, sa faiblesse : un tempérament sanguin que la tristesse et la rancœur ne cessent d’exacerber. Tout avait idylliquement débuté il y a quatre ans avec la rencontre de Sandra. Mais de longs mois de monotonie et deux enfants plus tard, rien ne va plus entre les deux amants, qui s’aiment mais se déchirent à outrance. A tel point que, se sentant délaissée, la jeune femme décide un beau jour d’aller compter fleurette au propre frère de Bruno. « Je voulais qu’il s’occupe de moi, c’est pour ça que je suis allée avec son frère, pour le faire réagir » s’explique timidement Sandra à la barre. Elle souhaitait le faire réagir, elle n’a pas été déçue. Car tout a dégénéré il y a quelques jours lorsque le prévenu apprend que son frère et la mère de ses enfants s’accordent une soirée détente chez une amie commune. Pris de rage, le conjoint trahi se rend matraque à l’appui au domicile de la dite amie, bien décidé à venger sa dignité. « Sors de là avec ton bâtard ! » tempête-t-il sur le pallier. Sachant son désormais ex-conjoint hors de lui, Sandra surprend pourtant tout le monde en lui ouvrant la porte. « Vous avez une logique particulière : vous saviez qu’il pouvait être violent mais vous le laissez entrer…difficile de vous suivre » ironise le Président. Reste que non content d’avoir semé la zizanie et la panique dans l’appartement, Bruno s’en prend ensuite à la voiture de son frérot, lui désossant rétroviseurs et essuie-glaces. « Ouais ben j’étais jaloux et un peu énervé c’est tout quoi ! » s’agace l’individu devant les magistrats. « C’est pas brillant quand même tout ça, mais bon, ça sent la réconciliation à plein nez vos histoires » résume le Président. Celui-ci a vu juste car, à peine le tribunal retiré pour délibérer, Sandra s’empresse de rejoindre son aimé entre les policiers. Au final, la peine sera à l’image de cette histoire, mitigée : deux mois de prison mais avec du sursis, 210€ d’amende mais seulement 1€ de dommages et intérêts. Les reverra-t-on ensemble au retour des beaux jours ? Les paris sont ouverts…

A.H