mercredi 6 mai 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel

« Joyeux bordel dans mes amours… »

L’amour a ses raisons que la justice adore, cœur et sentiments entraînants toujours leurs lots d’égarements, d’inconscience et de folie. La procédure en comparution immédiate a, en outre, la perverse tâche de jeter l’huile sur le feu des passions n’ayant encore eu le temps de s’apaiser. Illustrant à merveille ces abstraites évidences, Bruno se serait pourtant bien passé des projecteurs judiciaires. Son défaut ? La jalousie, sa faiblesse : un tempérament sanguin que la tristesse et la rancœur ne cessent d’exacerber. Tout avait idylliquement débuté il y a quatre ans avec la rencontre de Sandra. Mais de longs mois de monotonie et deux enfants plus tard, rien ne va plus entre les deux amants, qui s’aiment mais se déchirent à outrance. A tel point que, se sentant délaissée, la jeune femme décide un beau jour d’aller compter fleurette au propre frère de Bruno. « Je voulais qu’il s’occupe de moi, c’est pour ça que je suis allée avec son frère, pour le faire réagir » s’explique timidement Sandra à la barre. Elle souhaitait le faire réagir, elle n’a pas été déçue. Car tout a dégénéré il y a quelques jours lorsque le prévenu apprend que son frère et la mère de ses enfants s’accordent une soirée détente chez une amie commune. Pris de rage, le conjoint trahi se rend matraque à l’appui au domicile de la dite amie, bien décidé à venger sa dignité. « Sors de là avec ton bâtard ! » tempête-t-il sur le pallier. Sachant son désormais ex-conjoint hors de lui, Sandra surprend pourtant tout le monde en lui ouvrant la porte. « Vous avez une logique particulière : vous saviez qu’il pouvait être violent mais vous le laissez entrer…difficile de vous suivre » ironise le Président. Reste que non content d’avoir semé la zizanie et la panique dans l’appartement, Bruno s’en prend ensuite à la voiture de son frérot, lui désossant rétroviseurs et essuie-glaces. « Ouais ben j’étais jaloux et un peu énervé c’est tout quoi ! » s’agace l’individu devant les magistrats. « C’est pas brillant quand même tout ça, mais bon, ça sent la réconciliation à plein nez vos histoires » résume le Président. Celui-ci a vu juste car, à peine le tribunal retiré pour délibérer, Sandra s’empresse de rejoindre son aimé entre les policiers. Au final, la peine sera à l’image de cette histoire, mitigée : deux mois de prison mais avec du sursis, 210€ d’amende mais seulement 1€ de dommages et intérêts. Les reverra-t-on ensemble au retour des beaux jours ? Les paris sont ouverts…

A.H

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