jeudi 7 mai 2009

Les Beaux-Arts par le trou de la serrure

Il y a la visite officielle, et il y a l’autre, celle à laquelle le visiteur n’a traditionnellement pas accès, celle des réserves privées du musée recélant un patrimoine artistique unique et inestimable.

En arpentant les diverses salles d’exposition, le curieux et le connaisseur ignorent sûrement ne voir que 6% des œuvres exposables appartenant aux Beaux-Arts. Entre les dessins les plus fragiles, les toiles abimées ou les meubles en attente de restauration, la majeure partie des collections se trouve en réalité dans les huit réserves que comptent le musée (pour le mobilier, les peintures, les céramiques, les arts graphiques, les sculptures, les arts sacrés et l’ethnologie.
De la caverne aux trésors

A l’origine, les réserves ne devaient servir que de dépôt, abritant soit les fonds propres du musée, soit des œuvres que le Ministère de la Culture décidait d’y entreposer (par souci de place ou lors d’expositions itinérantes). S’enrichissants de nombreuses donations privées au fil des ans, les vastes pièces se sont rapidement remplies (le musée compte en 2009 près de 50 000 œuvres dont 27 000 peintures). Néanmoins aujourd’hui, les réserves ne sont plus de simples lieux de stockage mais servent également de zones de transit (lors du transport des œuvres d’un musée à un autre) et d’ateliers de restauration (les restaurateurs venant travailler sur place quotidiennement). Des lieux multi-usages devenus indispensables mais qui ne peuvent être ouverts au public, bien qu’avide de découvrir ces trésors cachés. « On nous demande souvent pourquoi la majorité des fonds sont entreposés dans les réserves au lieu d’être exposés. Il faut savoir que bon nombre d’œuvres, notamment les tapisseries ou les dessins, craignent la lumière et doivent donc être conservées dans le noir la majeure partie du temps » précise David Liot, directeur des Beaux-Arts de Reims. Reste qu’avec seulement 400 œuvres en salle, le problème vient aussi de la place disponible…

Un besoin d’extension

En ce sens, la direction des Beaux-Arts et la Ville de Reims ont réfléchi à la création d’un nouveau musée qui pourrait voir le jour à l’horizon 2015, en lieu et place de l’actuel parking du Boulingrin. Cependant David Liot rappelle « qu’au-delà de la partie publique, il ne faudra surtout pas négliger l’espace alloués aux réserve », précisant « qu’il faudrait pour bien faire 1800 m² disponibles » (contre 900 m² rue Chanzy). Cette capacité accrue de stockage permettrait d’exposer 30% des possessions du musée et renforcerait de ce fait la diversité des expositions présentées. Le directeur précise en outre « qu’il est important pour le prochain bâtiment, que toutes les réserves se trouvent sur place afin d’avoir les œuvres à disposition et non éparpillées aux quatre coins de la ville. On veut un musée évolutif et polyvalent où l’on pourrait rapidement changer les œuvres exposées, et en montrer ainsi un maximum »
L’exposition Corot offre actuellement au musée 10 000 visiteurs par mois (contre 3000 habituellement). Il serait dommage de laisser retomber la vague d’affluence, faute de pouvoir renouveler régulièrement les collections exposées dû au manque de place, en salle et dans les réserves.

Musée des Beaux-Arts de Reims – 8, rue Chanzy – 03.26.35.36.00 – Ouvert tous les jours sauf le mardi

A.H.

Je tiens à remercier David Liot pour son professionnalisme et la grande disponibilité dont il a fait preuve.


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