vendredi 23 octobre 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel


Micmacs à tire-larigot

Freddy, Brian, Patrick, Damien, Amélie, Manu, Nadia, Gabriel, Jean-Pierre, Paul, Dany, Dominique et Jean-Michel, ils n’étaient pas moins de treize à comparaître en même temps cet après-midi là au tribunal. Une jolie brochette de filous, se voyant tous reprocher une série de vols en réunion doublée de recels d’objets volés.

Les vainqueurs du jour seraient parvenus à écouler frauduleusement plusieurs dizaines de cartons de champagne, des ordinateurs, des centrales-vapeurs, des caméscopes, des appareils photos numériques ou encore des GPS et des boîtes de chocolat. Après plusieurs mois d’investigation et autant de fausses pistes, les policiers s’aperçoivent un jour, qu’après chaque cambriolage, les treize prévenus finissent systématiquement par s’appeler mutuellement, certains même jusqu’à 347 fois en deux mois. Cependant, malgré l’identification des suspects et leur mise sous surveillance, les forces de l’ordre ne peuvent enrayer la poursuite des vols : nonobstant leur rapide arrivée sur les lieux du délit, les malfrats gardent toujours une longueur d’avance. « Ça c’est normal, j’ai un scanner branché sur la fréquence de la police dans ma voiture ! » avoue fièrement Freddy, présenté comme le cerveau de la bande. Celui-ci se justifie : « attendez c’est normal, les flics me mettent sur écoute, alors moi je les écoute, c’est tout ». Bien que plein d’assurance en façade, on sent bien qu’au fond de lui commence tout de même à poindre une rongeuse question : « et si mes camarades d’infortune avaient dans l’idée de me faire porter le chapeau ? ». Aussi tente-t-il alors de rappeler à la Présidente que s’il était seul responsable dans cette histoire, il ne serait pas entouré aujourd’hui de douze autres mis-en-cause. Par ailleurs, il est vrai qu’à l’audience tout ce petit monde s’évertue avec minutie à nier sa participation aux méfaits. Une attitude qui agace la Présidente : « alors vous n’avez rien fait mais comme par hasard, vous vous agitez et vous appelez seulement les nuits où les vols sont commis ! ». A ce moment, l’un des prévenus rappelle que seul Freddy a été vu sur les lieux de certains vols. « Mais des vols y’en a tous les jours, partout, c’est pas de ma faute si je me suis retrouvé à proximité des lieux quelquefois » rétorque le présumé cerveau des opérations.

On entre dans une phase d’accusation réciproque ou le « chacun pour soi » fait désormais légion. La nuit tombe, le public quitte le tribunal, les magistrats ne sont pas couchés…


A.H.

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