vendredi 23 octobre 2009

Une TVA à 5,5%, et après ?



Saluée par les professionnels de la restauration en juillet dernier, la baisse de la TVA à 5,5%, et surtout ses conditions, font aujourd’hui grincer quelques dents.

Au 1er juillet 2009, chacun semblait se réjouir d’une pareille mesure. En accordant un taux à 5,5%, l’Etat espérait en contrepartie une baisse des prix des plats (-11,8% sur sept produits) ainsi que la création de 40 000 emplois dans le secteur (promise par les restaurateurs). Ces derniers comptaient, eux, sur cette mesure pour relancer leur fréquentation, en baisse depuis 2008. Seulement depuis quelques jours, la grogne monte chez les restaurateurs, accusés de ne pas jouer le jeu de la baisse des prix (la mesure ne serait appliquée que pour un restaurateur sur deux). Et rien ne s’est arrangé quand Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Tourisme, a convoqué en urgence les représentants des professionnels du secteur pour leur remettre la pression.

Deux poids deux mesures
A Reims comme ailleurs les prix n’ont pas diminué partout. Faut-il pour autant y voir un refus obstiné des restaurateurs ? Pour Dominique B., gérant d’une brasserie en périphérie du centre-ville, la réponse n’est pas là : « je pense que le principal souci c’est que ceux qui prennent les décisions ne connaissent pas la situation sur le terrain. Chez moi, le plat du jour est inférieur à 9€, alors qu’il dépasse les 15€ dans pas mal d’autres établissements, notamment en centre-ville. Il faut comparer ce qui est comparable. Quand on a un plat à 15€, on peut faire l’effort de le baisser de 2, 3€, mais moi, vu mes prix, je ne peux pas me le permettre ». Une position que l’on comprend aisément car il est vrai que si la TVA a baissé, le prix des matières premières lui, reste inchangé - il a même pris 30% en un an et demi - et les taxes sont toujours là. Sur ce dernier point, Dominique dénonce la multiplication des charges imposée par la Ville : « cette année je dois payer plus de 700€ de TEOM et plus de 600€ de taxe de publicité sur les enseignes, sans compter les traditionnels impôts fonciers. Alors que la baisse de la TVA nous aurait tout juste permis de nous en sortir, on se retrouve étouffé de toutes ces nouvelles taxes ! ». D’autant qu’un élément supplémentaire a de quoi agacer les gérants : bien qu’officiellement passée à 5,5%, les centres des impôts ont continué ce trimestre, à prélever à 19,6% la taxe à valeur ajoutée (la régularisation à 5,5% ne devant intervenir qu’au trimestre prochain).

Au vu de cette situation, il ne faut donc pas s’étonner de voir certains restaurateurs privilégier l’assainissement de leurs finances à une baisse de leurs prix et à la création risquée d’emplois.


A.H.

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