Longtemps repoussée, la réforme de l’universitarisation de l’enseignement infirmier se mettra bien en place dès la rentrée 2009. Réunis à Reims dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de leur association, les adhérents du CEFIEC (Comité d’Entente des Formations Infirmières Et Cadres) sont longtemps revenus sur cette loi, voulue par Nicolas Sarkozy et mise en place avec le Ministère de la santé.
Une refonte complète
Jusqu’à maintenant, la formation en soins infirmiers se déroule sur trente-six mois et sept semaines, et s’articule autour de stages et de divers modules indépendants. Les programmes actuels, basés sur les contenus, laisseront bientôt place à des programmes centrés sur les compétences. « On a déterminé dix compétences (dix matières complémentaires) que l’on a réparties en six semestres. Désormais, le diplôme d’Etat d’infirmier s’apparentera à une licence où il faudra, comme à la fac, valider ses 180 crédits pour être reçu » résume Christian Camou, président du CEFIEC. Les stages garderont évidemment une place primordiale dans l’enseignement. Ils seront moins fréquents mais plus longs (cinq, dix et quinze semaines). Déjà en place en Grèce, Bulgarie, Espagne ou au Royaume-Uni, l’intégration de la formation infirmière dans un cursus universitaire (sous la forme Licence-Master-Doctorat) devra être définitivement en place d’ici 2010. Un vrai progrès pour Jane-Laure Danan, vice-présidente du CEFIEC : « à partir du moment où le diplôme infirmier correspondra au niveau licence, il devra y avoir des augmentations de salaire. D’autre part, cette maquette devrait diminuer le nombre d’abandons en cours de formation ».Le CEFIEC a été un intermédiaire indispensable entre les directeurs d’IFSI, les formateurs d’un côté, et les pouvoirs publics de l’autre. Représentant les intérêts communs des structures de formation (il représente 92% des instituts), le Comité est également force de proposition dans les travaux de réforme des études de santé. Une réforme dont la vocation première est bien de former le maximum d’infirmiers, en vue du déficit prévu de personnel médical dans les années à venir.
A.H.











