vendredi 24 avril 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel

Bien court derrière les oreilles !

La facture d’un salon de coiffure est parfois plus salée que prévue, Gabriel et Lamine sont désormais prévenus. Avec vingt condamnations à eux deux, le tribunal les connait comme le loup blanc, et c’est entourés de sept policiers qu’ils pénètrent dans l’enceinte correctionnelle. On leur reproche cette fois le cambriolage d’un salon de coiffure et l’incendie du dit salon le 4 mars dernier. Un appel anonyme à la police met en cause Gabriel tandis qu’un témoin direct accuse Lamine de l’incendie. Problème : les deux individus nient férocement les faits. Gabriel reconnait bien s’être servi en produits coiffants, « mais seulement le lendemain, comme tous les gens du quartier qui passaient devant la vitrine détruite ». Lamine quant à lui ne se sent pas du tout concerné. Manque de chance pour lui, les experts ont retrouvé son sang sur les lieux du sinistre. Sur ce point, sa défense est toute trouvée : « je me suis battu au couteau à 10 min de là avec des gitans. C’est sûrement l’un d’eux qui a gardé mon sang et en a badigeonné le salon ». La bonne vieille théorie du complot qui ressurgit. Face aux deux prévenus campant sur leur position, la substitut du procureur se montre consternée et complètement désabusée : « les deux hommes sont connus, connus, mais connus…tous les accusent et ils contestent encore les faits ! ». Elle requerra 18 mois fermes contre les deux ce qui aura pour effet d’agacer profondément l’avocat de Gabriel : « M. le Président, on n’a rien dans le dossier, un appel anonyme et un témoin peu crédible ! C’est lamentable, j’ai l’impression de faire du droit pénal à la petite semaine, la procédure est expéditive, on ne se donne pas les moyens de prouver la culpabilité ou non des prévenus ! ». La voix tonitruante du magistrat résonne dans la salle, devant un public suivant avec intérêt cette affaire. La famille de Gabriel est présente, tendue, attendant fébrilement le délibéré. L’espace d’un instant, le Président semble adhérer aux conclusions de l’avocat, mais gare aux apparences. La Cour se retire, les avocats discutent et le public paraît impatient de connaître le dénouement de l’affaire. Le juge et ses assesseurs reviennent ensuite pour rendre leur décision dans un silence religieux : 15 mois fermes pour Lamine, 6 mois fermes pour Gabriel. Seul point positif pour ce dernier : il est relaxé du chef d’accusation d’incendie.

A.H

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