vendredi 24 avril 2009

Kravitz, le rock, et nous

Rares sont les artistes de renommée internationale à dépasser, lors des tournées, le stade d’une unique étape dans chaque pays traversés, principalement dans les capitales. Ils sont encore plus rares à multiplier les dates dans plusieurs villes de France, et les jusqu’au-boutistes marquant Reims dans leur agenda sont pratiquement inexistants. Néanmoins il y en a, à l’image mercredi 22 avril du rockeur Lenny Kravitz venu en grande pompe au Parc des Expositions.
A quarante-quatre ans, ce digne fils de l’Oncle Sam sait se faire désirer. Etait-ce parce-qu’il attendait un arrivage de figues fraîches avant de monter sur scène ou un appel sensuellement urgent de sa dulcinée outre-atlantique ? Toujours est-il que prévu à 20h, il fallut au public s’armer de patience avant de voir enfin apparaître leur idole, aux alentours de 21h45. Nul doute que le chanteur a dû entendre des coulisses, les deux salves d’huées lancées à son encontre des travées du Parc. Une fois en place cependant, les dix premières minutes calmèrent tout le monde, tant par l’intensité du son rock que par l’acoustique à la limite du supportable du lieu.
Un bon moment malgré tout, hormis le départ de quelques dizaines de personnes avant la fin du concert, et la froideur habituel émanant des gradins. Reste que le passage à Reims d’un artiste de ce rang est exceptionnel. Comme dit en amorce, bien peu l’ont fait…ah si tiens, les Worlds Appart en 1998…il y a donc du progrès.

AH.

ça s'est passé au tribunal correctionnel

Bien court derrière les oreilles !

La facture d’un salon de coiffure est parfois plus salée que prévue, Gabriel et Lamine sont désormais prévenus. Avec vingt condamnations à eux deux, le tribunal les connait comme le loup blanc, et c’est entourés de sept policiers qu’ils pénètrent dans l’enceinte correctionnelle. On leur reproche cette fois le cambriolage d’un salon de coiffure et l’incendie du dit salon le 4 mars dernier. Un appel anonyme à la police met en cause Gabriel tandis qu’un témoin direct accuse Lamine de l’incendie. Problème : les deux individus nient férocement les faits. Gabriel reconnait bien s’être servi en produits coiffants, « mais seulement le lendemain, comme tous les gens du quartier qui passaient devant la vitrine détruite ». Lamine quant à lui ne se sent pas du tout concerné. Manque de chance pour lui, les experts ont retrouvé son sang sur les lieux du sinistre. Sur ce point, sa défense est toute trouvée : « je me suis battu au couteau à 10 min de là avec des gitans. C’est sûrement l’un d’eux qui a gardé mon sang et en a badigeonné le salon ». La bonne vieille théorie du complot qui ressurgit. Face aux deux prévenus campant sur leur position, la substitut du procureur se montre consternée et complètement désabusée : « les deux hommes sont connus, connus, mais connus…tous les accusent et ils contestent encore les faits ! ». Elle requerra 18 mois fermes contre les deux ce qui aura pour effet d’agacer profondément l’avocat de Gabriel : « M. le Président, on n’a rien dans le dossier, un appel anonyme et un témoin peu crédible ! C’est lamentable, j’ai l’impression de faire du droit pénal à la petite semaine, la procédure est expéditive, on ne se donne pas les moyens de prouver la culpabilité ou non des prévenus ! ». La voix tonitruante du magistrat résonne dans la salle, devant un public suivant avec intérêt cette affaire. La famille de Gabriel est présente, tendue, attendant fébrilement le délibéré. L’espace d’un instant, le Président semble adhérer aux conclusions de l’avocat, mais gare aux apparences. La Cour se retire, les avocats discutent et le public paraît impatient de connaître le dénouement de l’affaire. Le juge et ses assesseurs reviennent ensuite pour rendre leur décision dans un silence religieux : 15 mois fermes pour Lamine, 6 mois fermes pour Gabriel. Seul point positif pour ce dernier : il est relaxé du chef d’accusation d’incendie.

A.H

samedi 18 avril 2009

Un Medef optimiste face à une crise durable


L’activité économique ne va pas si mal en Champagne-Ardenne. C’est en substance le message qu’a souhaité faire passer l’antenne locale du Mouvement des Entreprises de France.

Des mots même de Pierre Possémé, président du Medef-Champagne-Ardenne : « il faut rester confiants ! Certes il y a un vrai ralentissement, néanmoins on était en 2008, sur une crête d’activité qui ne pouvait plus durer. Les années précédentes ayant été également très fortes, on s’attendait forcément à une crise ».
Les patrons rappellent en outre que la Champagne-Ardenne est « contracyclique » par rapport aux autres régions françaises, ayant connu par exemple, une croissance d’1,5% fin 2008 tandis que l’ensemble de la France était en négatif. Il paraitrait même qu’en ce premier semestre 2009, des frémissements de reprise se feraient sentir. Des frémissements qui s’expliqueraient par la baisse des prix, des taux d’intérêts, le prêt à taux 0, la loi Scellier et surtout la durée de la crise (particuliers et entrepreneurs, lassés d’attendre la reprise, finissent par se lancer tout de même dans leurs projets). Dans le BTP, même si le public reste frileux pour les travaux publics, le bâtiment, et particulièrement la rénovation et la construction, reste dans le vert en 2009, à l’image des récentes demandes de devis des entrepreneurs ces dernières semaines. Quant au service à la personne, il est lui en pleine expansion avec pas moins de 150 entreprises agréées dans la région.
En attendant une reprise générale de l’activité, Pierre Possémé espère qu’« avec la baisse à 1,75% du livret A, les particuliers préfèreront investir plutôt que d’épargner car c’est maintenant qu’il faut réagir. Par ailleurs il est primordial que l’industrie et l’automobile fassent tout pour conserver leurs salariés afin de pouvoir répondre de suite à la demande en cas de reprise ».

A.H.

Inégalable Monsieur Dimanche

Du commentaire sportif au canapé rouge, vaste est le chemin parcouru par le Petit Michel, comme il se plait encore à s’appeler aujourd'hui. Ancien petit bonhomme à l’avenir incertain, le destin en a fait l’un des incontournables animateurs du paysage audiovisuel français au succès jamais démenti. Septuagénaire dans trois étés, Michel Drucker n’a pourtant rien perdu de sa jeunesse, pour preuve la vivacité de son regard malicieux, devenu culte au fil des décennies.

A titre personnel, que vous évoque la Cité des Sacres ?
Michel Drucker
: Pour moi, Reims c’est avant tout le football. C’est grâce à ce sport que j’ai connu la ville, grâce à Albert Batteux que j’ai découvert la mythique équipe du Stade, et grâce au Stade que j’ai pris, depuis, un grand plaisir à revenir dans la ville. Je me souviens aussi avoir enregistré une émission à Reims avec Claude François, un excellent souvenir également.

Revenez-vous souvent dans le secteur ?
M.D
: Assez régulièrement c’est vrai. J’ai de bons amis qui viennent d’ici, comme PPDA par exemple. Pour l’anecdote, avec Carlos et Johnny Hallyday on avait l’habitude de se retrouver à Reims une fois par an pour s’offrir un petit restaurant entre copains. Maintenant tout est plus rapide, avec le TGV c’est une vraie métropole de province à seulement quarante-cinq minutes de la capitale.

Le public plébiscite actuellement votre livre. Au bout de quarante ans de carrière, qu’est-ce qui vous touche le plus chez vos téléspectateurs ?
M.D : Ce qui m’émeut toujours, c’est de voir que les gens qui avaient vingt ans quand j’en avais vingt, sont toujours là aujourd’hui, plus de quarante ans plus tard. Maintenant ils viennent avec leurs enfants, leurs petits enfants, voire les trois générations ensemble parfois. J’ai l’impression que je fais un peu partie de leur vie, qu’à notre première rencontre on croit déjà se connaitre comme des amis de longues dates. C’est cette fidélité qui est pour moi la plus belle récompense que je puisse toujours espérer.

Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ?
Michel Drucker
Editions Robert Laffont / Pocket

A.H.

vendredi 17 avril 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel

Une soirée de chien

Il est des jours où il aurait mieux fallu rester chez soi, refaisant le monde dans son salon en sirotant un coca ou un gin avec glaçons. Evidemment, s’il avait su ce qui l’attendait, il est certain que Denis ne serait pas sorti ce 25 janvier dernier. Une soirée avec sa sœur chez un ami, histoire d’oublier quelques heures la récente rupture d’avec sa dulcinée. La soirée s’écoule doucement quand, vers 3h15, notre homme décide d’aller chercher dans sa voiture, ses cigarettes oubliées. C’est le moment choisi par les forces de l’ordre pour l’interpeller. « Une grosse erreur, une grave injustice, je n’avais rien fait moi ! » s’exclame-t-il à la barre. Pour la police, la version est toute autre. Deux gardiens de la paix déclarent avoir vu la voiture de Denis foncer à toute allure devant eux et avoir interpellé le conducteur dès sa sortie du véhicule. Voilà pourquoi le prévenu est convoqué aujourd’hui au tribunal pour conduite en état alcoolique, défaut de maîtrise du véhicule et port d’armes de 6e catégorie. « C’étaient des couteaux que ma sœur et mon frère m’avait offert pour la cuisine » prétexte-t-il à la Présidente. Face au scepticisme de la Cour et à la conviction de culpabilité du procureur, Denis, vraisemblablement perdu et découragé, renonce à raconter une nouvelle fois sa version des faits, préférant s’en remettre à son avocat. Un juriste sur qui échoit donc la lourde tâche d’obtenir la relaxe de son client et insuffler si possible, un brin d’humour dans cette morne audience. Un défi que relève parfaitement l’avocat, notamment avec son dernier argument de défense : « Mme la Présidente, mon client n’a pas pu conduire cette nuit-là comme le soutiennent les policiers. Comment expliquez-vous alors qu’il ait laissé toutes ses affaires chez son ami, et même son chien Chewbacca, son chien qu’il aime tant et dont il ne se sépare jamais. Je vous ai d’ailleurs apporté l’album photos de mon client et Chewbacca pour vous prouver son attachement. Ah si Chewbacca n’était pas un chien, lui le premier vous aurez confirmé la version de mon client ». Le public éclate de rire, des avocats lui emboitant le pas, la plaidoirie du juriste fait mouche car même la Présidente et ses assesseurs trahissent un large sourire à la vue des photos de Denis et son cabot. L’avocat a cependant réussi son coup : le scepticisme de la Cour semble désormais avoir laissé place à de profonds doutes, le tribunal ayant finalement mis sa décision en délibéré début avril.

A.H.

Bon voyage Dame Françoise



Connue et reconnue, adulée par certains, citée en référence par d’autres, Françoise Néouze a tiré sa révérence jeudi 16 avril, au travers d’un superbe concert-hommage donné au Conservatoire de Reims. Des dizaines de lycéens et d’étudiants préparaient l’événement depuis des semaines déjà, laissant dans le secret leur chère et tendre enseignante. Trépignant d’impatience et de curiosité, Françoise Néouze n’a manqué aucun instant du spectacle, une prestation à sa mesure : humble, hétéroclite et professionnelle.

Bonne retraite Mme la professeure !
Vous laissez un grand vite derrière vous qui se comblera peu à peu avec la qualité des artistes que vous avez formés.

A.H.

La volaille américaine planche sec


Tout de bleu marine vêtus, uniforme officiel des policiers du Kentucky, Hervé Richez et Olivier Saive sont venus défendre le gallinacé au beau milieu de la Fnac de Reims. Devant un public rémois au premier abord quelque peu surpris, les deux auteurs ont dépoussiéré l’image de la traditionnelle séance de dédicaces et ont mis, au passage, du plomb dans d’aile de leurs détracteurs.
Les Poulets du Kentucky, ou le portrait d’une Amérique conservatrice profonde, tiraillée entre l’instinct de préservation rurale et le mouvement inévitable de l’industrie de masse, pourtant déjà obsolète dans le reste du pays. A travers les yeux de Pepper, nouvelle recrue benêt, plutôt gauche et parachuté, s’exprime toute la naïve maladresse d’un officier de police perdu entre ses à-priori martelés depuis l’enfance, et la réalité basique de sa profession. Divisé entre de féroces sentiments de suffisance et de confiance en soi, et le contact direct voire cru avec un monde dont son enfance dorée l’a toujours protégé. A ses côtés, Miranda Garcia, honnête gardien de la paix d’origine latine, en proie sans cesse à l’exemplaire intégrité dont elle se veut la garante de par sa profession, et son irascible famille dont la moitié croupit pour de longues saisons encore au fond des geôles.

Néanmoins ne vous y trompez pas, car malgré ce précédent paragraphe pouvant semer le doute sur la nature même de l’ouvrage (roman, fiction, analyse géopolitique des Etats-Unis, annales du Kentucky etc.), Les Poulets du Kentucky demeurent bel et bien une bande-dessinée au sens le plus épuré du thème. Gags, humour, boutades, bourdes, situations cocasses, comique, ironie, dès les premières pages feuilletées l’immanquable rictus nous apparait au coin des lèvres. Brillamment illustrés de la plume d’Olivier Saive, les scénarios d’Hervé Richez font mouche à chaque page. Précises et ciselées, ces mini-histoires transportent le lecteur au pays du burger et des Cadillac, où l’Oncle Sam lui-même aurait été gérant d’un abattoir de volailles. Sans se confondre avec leurs personnages, Saive et Richez n’ont cependant pas raté l’occasion de s’immiscer pour nous dans la peau de Pepper et Garcia.


D’où est partie cette idée d’une tranche de vie policière au Kentucky ?
Hervé Richez
: L’idée a germé en juillet 2006, on voulait faire une série avec des flics un peu borderline. Il fallait qu’on voit qu’il s’agissait d’une comédie, c’est pour ça entre autre qu’Olivier a rajouté des poulets sauvages sur presque toutes les scènes extérieures.
Olivier Saive : Au Kentucky, c’est le côté particulier de l’état, un peu réactionnaire même qui nous a plu. Contrairement à ce qu’on pourrait croire dans la BD, il n’y a pas plus de kidnapping là-bas que dans le reste des Etats-Unis.

Parlez nous davantage des deux personnages principaux, Garcia et Pepper…
H.R
: Pepper c’est l’archétype du fils à papa, grand roux, tout couvé, le garçon de bonne famille absolument pas préparé à travailler dans la police. Garcia est son opposé. Ses frères sont tous en prison et sa mère organise des parties clandestines de poker, ce qui met à rude épreuve sa conscience de flic. Il y a d’ailleurs un clin d’œil dans son propre prénom : Miranda. Aux USA, le "Miranda’s Warning" est la célèbre formule se traduisant par « Au nom de la loi je vous arrête, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous ».

Un tome 2 est déjà prévu pour janvier 2010, parlerez-y vous plus de l’histoire de Garcia et Pepper ?
O.S : La dernière planche du premier tome va justement dans ce sens. Dans le 2, on traitera effectivement plus de leur histoire personnelle, leur parcours, leur famille. Même si le père de Garcia (Dark Vador ndlr) restera une sorte de fil rouge dans la série, le père de Pepper (le gouverneur) sera lui largement mis en avant.

A.H.

mercredi 15 avril 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel



L’effronté a du mordant

Comparaître devant la Cour refroidit généralement plus d’un sanguin. Il est toutefois des individus qui ne s’en laissent nullement compter, et c’est le cas d’Olivier. Celui-ci donne la tendance avant même de pénétrer dans l’enceinte correctionnelle, hurlant à qui veut l’entendre qu’il est innocent et n’a rien à faire ici. Une fois « installé » à la barre, l’homme écoute le Président rappeler les motifs de ses précédentes condamnations, mais finit par l’interrompre : « J’ai pas été condamné deux fois, mais quatre fois, et pis j’ai aussi défoncé un car de CRS, vous l’avez pas dit ça ». Le public s’amuse de ces précisions : il est en effet bien rare qu’un prévenu se rajoute des condamnations de sa propre initiative. S’il comparait aujourd’hui, c’est parce qu’on reproche à Olivier des faits d’extorsion et un refus de se soumettre à des prélèvements. En clair, le 16 octobre dernier, ce presque quadragénaire aurait menacé un honnête citoyen qui promenait son chien puis l’aurait racketté et insulté. Bien que niant catégoriquement les faits, le gaillard regrette que la victime ne soit pas présente à l’audience, remettant de ce fait en cause son courage et sa virilité…En outre, une fois arrêté, Olivier a refusé de se soumettre à un prélèvement d’ADN et d’empreintes : « On m’a déjà prélevé tout ça quand on m’a condamné en Allemagne, je donne pas mon ADN comme ça moi, vous avez qu’à aller le chercher là-haut ». Avare en confidences, il ne l’est par contre pas en grossièretés, à tel point qu’un assesseur lui demande de surveiller son langage tandis que le Président du tribunal lui réclame le silence à tout bout de champ. « Forte tête, désinvolte, insolent, irrespectueux, provocateur…» dans la salle, magistrats et public ne manquent pas de qualificatifs pour résumer le personnage. Néanmoins, à force de jouer le trublion, Olivier finit par agacer le juge et ses adjoints qui le déclarent coupable des faits reprochés et le condamnent à 9 mois de prison ferme. « Toutes façons je m’en fous, dés que je ressors je recommence » lance-t-il comme ultime pied de nez au tribunal avant d’insulter copieusement la Cour. En réponse, le Président lui rappellera de penser à se soigner une fois sorti de prison.

A.H

samedi 4 avril 2009

René Martin

René Martin est un tourneur
Plutôt fraiseur que derviche,
Marchant chaque matin sans peur
Vers son usine qui l’aguiche.

Un cahier de commandes garni
Pour des livraisons quotidiennes,
Une entreprise sans soucis
Dans son secteur, passée reine !

Avec son treizième mois compris
René Martin a la vie belle
Jusqu’à ce triste mercredi
Prémices d’une conjoncture rebelle.

Monsieur le directeur prévient
Sans ménagement ni complexes,
L’enseigne ne va pas très bien
Lui-même renonce à sa Rolex.

Devant un faux sourire gêné
Véreuse expression patronale,
René Martin est licencié
L’ouvrier tourneur devient pâle.

Un pot de départ est prévu
Avant l’émotion des adieux,
Quelques photos noircies revues
Du temps des bénéfices heureux.

Au fond du carton des douleurs
Se dessine le diplôme d’une vie,
René Martin était tourneur,
Le meilleur de toute la Picardie.

Heureusement néanmoins, rien n’est immuable…

Car aujourd’hui tout a changé,
Le chômeur est passé banquier ;
Quand un jour apparait au guichet,
Un visage plutôt familier :
L’ancien directeur souhaite un crédit,
Les actionnaires l’ont déchu.
C’était un triste mercredi
La roue du destin l’a bien eu.
A.H.

vendredi 3 avril 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel


Une fois par semaine, le vendredi de préférence, retrouvez le compte-rendu d'une affaire jugée au tribunal correctionnel.
Esclandre, vocifération, pleur, fou rire, sanglot, exclamation, regret, confession, aveu, obstination...une séance collégiale au tribunal s'apparente à un melting-pot de sentiments, un des rares espaces où s'associent dans la condamnation, dans l'accusation et la défense, l'ensemble des classes sociales tous caractères confondus.

Camping sauvage

Préférer la caravane à la belle étoile n’est pas à coup sûr synonyme de confort, tel pourrait être l’adage inspiré du traumatisme vécu par Micheline, quoique…La victime a porté plainte contre Vivian et Dimitri, deux frères unis dans la joie et le vice. On reproche à Dimitri sa complicité dans un vol aggravé où son frère aurait pris part. Auraient été dérobés : une télévision, des DVD, une collection de petites voitures et un groupe électrogène…copieux butin ! Une affaire plutôt sordide de prime abord : Vivian se serait introduit chez Micheline, l’aurait ligoté, bâillonné, roué de coups de pelle avant de la cambrioler et tenter de mettre le feu à sa caravane. Dans la salle, les yeux s’écarquillent lors du rappel des faits tant les actes commis par l’individu s’apparentent à de la barbarie. Déjà connu du tribunal, la culpabilité de Vivian ne fait aucun doute pour la Cour, et le Président croit difficilement à la naïveté de Dimitri : « c’est un dur votre frère, vous le savez, et vous vous doutiez bien qu’il n’allait pas chez Madame pour lui réciter des contes ». Devant un tel acharnement sur cette dame, handicapée de surcroit, certains juristes présents pendant l’audience en arrivent à se demander pourquoi l’affaire n’est pas remontée jusqu’aux Assises. C’est l’avocate du prétendu bourreau qui répondra indirectement à cette question : « le principal souci avec la victime, c’est qu’elle n’a jamais donné la même version des faits et pour cause, à chaque interrogatoire elle est arrivée ivre morte. Se plaignant de coups et blessures, elle a finit par reconnaître qu’elle s’était fait ces ecchymoses elle-même en tombant de sa chaise après avoir trop bu. De même, elle a admis qu’aucun des deux frères n’étaient entrés dans sa caravane, mais qu’au contraire, elle avait voulu les aider en leur passant les objets directement par la fenêtre ». L’avocate précisera que Micheline, se présentant en état d’ébriété avec plus d’1,40g lors de la confrontation, trouva au final les deux jeunes gens « remarquables et à son goût ». Au regard de cette situation plus que cocasse, le Président ne peut s’empêcher de sourire, surtout lorsque l’avocat de Dimitri rappellera que c’est parce qu’on a retrouvé chez lui le DVD volé du Gendarme à St-Tropez que son client s’est fait prendre. « Vous êtes vraiment tous cousus dans le même sac » conclura le juge, hilare.

A.H.

mercredi 1 avril 2009

D'un extrême à l'autre






On peut parfois trouver davantage de similitudes dans deux extrêmes se voulant pourtant en parfaite opposition. Certes les deux ont leur public, leurs défendeurs, leurs militants, leurs armes et marque fabrique respectifs, néanmoins il est des détails peu communs :
  • Lutte Ouvrière révolutionne, le Front National revisite (certaines vérités historiques), deux verbes similaires pour deux combats aux antipodes.
  • L'extrême gauche dénonce la faillite du capitalisme, fruit de la mondialisation, l'extrême droite s'oppose à l'Europe, à la libre circulation des biens et marchandises, et préconise un retour à un protectionnisme chauvinisme. De part et d'autre le slogan semble identique.
  • Lorsque Valéo est en proie à moult difficultés, les deux se retrouvent...la faute aux grands patrons pour l'un, au système économique pour l'autre.
  • Enfin, et avec un brin de simplicisme caricatural : les deux font peur, des discours jusqu'aux programmes.

NB: ne pas déduire hâtivement que votre rédacteur s'adonne à cet exercice dans le but unique de promouvoir l'un des deux partis politiques français les plus importants : moins les idées sont éloignées, plus les ressemblances sont aisément repérables, la comparaison n'aurait peut-être pas été indispensable.

Ironiquement votre...
A.H.

Chroniques d'un journaliste en devenir, au fil de l'actualité, des opinions et sentiments de l'instant.

Ce blog est aussi le votre. Le quartier public de l'esprit libre et critique. Analyses, points de vue, billets d'humeur, opinions , débats et remarques, critiques ou impertinences, un espace d'échanges ouvert à tous.
A chacun sa plume...
Aymeric.