vendredi 23 octobre 2009

Youssef Gardam, le faiseur d'huile parti de rien

Il est des passions qui saisissent au plus profond de chacun. Youssef Gardam n’avait que vingt-trois ans lorsque l’huile d’olive s’est emparée de lui. Histoires d’une complicité vouée à l’éternelle.

A l’image d’un viticulteur passionné de sa vigne, Youssef vit par et pour l’olivier depuis plus de quatre ans.

Des débuts délicats
C’est d’abord vers la médecine que ce sparnacien d’origine décide de s’orienter. Mais l’amour de l’olivier et de son huile devient bientôt le plus fort, l’incitant à tout arrêter pour se laisser « complètement absorbé par cette passion ». Direction alors la Provence pour un stage d’apprentissage dans la fabrication d’huile d’olive avant de s’envoler ensuite vers le Maroc. « A l’époque, le secteur oléicole marocain était très peu développé et avait très mauvaise réputation sur le plan international. Je suis allé là-haut pour comprendre où ça pêchait, et produire enfin ma première huile ». Décision est prise pour Youssef d’installer le premier moulin à huile d’olive sur les 25 ha de terres que possédaient ses grands-parents près de Safi. « J’avais l’ambition de révolutionner l’huile d’olive marocaine. Il y avait un impératif de réussite terrible et surtout la peur de savoir si mon huile allait plaire ». Car au-delà d’une production moderne d’huile (fabrication avec machines), Youssef Gardam s’est lancé un défi d’authenticité en voulant élaborer son huile avec un petit moulin traditionnel.

Du moulin au business international
Très vite, le nouvel exploitant comprend que le fruit de son labeur a un grand potentiel. L’objectif est alors de commercialiser cette huile, et c’est en retournant au Maroc que la chance choisit d’aider Youssef : « 2M, la télé nationale, mettait en place une real-TV dans le but de trouver LE meilleur entrepreneur du pays. Je me suis inscris sans savoir que j’allais me retrouver parmi les cinq finalistes sur 5000 candidats ». Face à un jury de professionnels, le jeune producteur ne peut s’appuyer que sur son bagout pour convaincre de la viabilité de son projet. « J’y ai vraiment cru au moment où j’ai dit au jury que je voulais devenir l’ambassadeur de l’huile d’olive de par le monde, j’ai su que j’avais fait mouche ». Au Maroc, la finale de l’émission est un événement national. Les cinq finalistes se présentent devant un jury composé de ministres, du rédacteur en chef d’un journal économique, de grands chefs d’entreprise et de financiers. Le premier ministre marocain lui-même fera une intervention pendant la soirée. Youssef ne remporte pas la victoire mais gagna, ce soir-là, bien plus qu’il ne pouvait l’imaginer : « le lendemain, j’étais devenu M. Huile d’Olive, tout le monde me reconnaissait dans la rue. J’ai compris qu’il fallait désormais que mon huile arrive très vite dans les magasins… ».
Célébrité et jalousies
L’impact de l’émission est tel que Youssef Gardam se voit contacté par la prestigieuse enseigne Olivier & Co (spécialiste de l’huile d’olive de haute qualité) qui lui propose de distribuer son huile en Europe, la déclarant même Meilleure huile d’olive de l’année. « Tout allait bien, mon huile était distribuée dans 80 boutiques en France, aux Etats-Unis, au Maroc et au Moyen-Orient. Malheureusement, c’est dans ces moments que naissent les jalousies et les conflits d’intérêts ». Un différend l’opposant à Olivier & Co l’amène à stopper son partenariat, Youssef préférant créer lui-même son réseau de distribution. C’est sur ce dernier point que nait le conflit entre le producteur et un journal local, ce dernier l’accusant d’escroquerie envers de futurs associés. A cela, le faiseur d’huile répond que ses choix d’annuler tous ses projets étaient « légitimés par des mises en gardes reçues à l’encontre de ces dits associés ».
Quoiqu’il en soit, Youssef Gardam ne renonce pas à lancer sa propre enseigne de distribution d’ici 2010, sa motivation restant intacte : « en quatre ans j’ai beaucoup appris du business. Aujourd’hui je n’ai plus peur et je suis décidé à aller au bout. Si je veux ouvrir mon enseigne, c’est avant tout pour mettre en avant les producteurs, les consommateurs et le terroir ».

A.H.


ça s'est passé au tribunal correctionnel


Micmacs à tire-larigot

Freddy, Brian, Patrick, Damien, Amélie, Manu, Nadia, Gabriel, Jean-Pierre, Paul, Dany, Dominique et Jean-Michel, ils n’étaient pas moins de treize à comparaître en même temps cet après-midi là au tribunal. Une jolie brochette de filous, se voyant tous reprocher une série de vols en réunion doublée de recels d’objets volés.

Les vainqueurs du jour seraient parvenus à écouler frauduleusement plusieurs dizaines de cartons de champagne, des ordinateurs, des centrales-vapeurs, des caméscopes, des appareils photos numériques ou encore des GPS et des boîtes de chocolat. Après plusieurs mois d’investigation et autant de fausses pistes, les policiers s’aperçoivent un jour, qu’après chaque cambriolage, les treize prévenus finissent systématiquement par s’appeler mutuellement, certains même jusqu’à 347 fois en deux mois. Cependant, malgré l’identification des suspects et leur mise sous surveillance, les forces de l’ordre ne peuvent enrayer la poursuite des vols : nonobstant leur rapide arrivée sur les lieux du délit, les malfrats gardent toujours une longueur d’avance. « Ça c’est normal, j’ai un scanner branché sur la fréquence de la police dans ma voiture ! » avoue fièrement Freddy, présenté comme le cerveau de la bande. Celui-ci se justifie : « attendez c’est normal, les flics me mettent sur écoute, alors moi je les écoute, c’est tout ». Bien que plein d’assurance en façade, on sent bien qu’au fond de lui commence tout de même à poindre une rongeuse question : « et si mes camarades d’infortune avaient dans l’idée de me faire porter le chapeau ? ». Aussi tente-t-il alors de rappeler à la Présidente que s’il était seul responsable dans cette histoire, il ne serait pas entouré aujourd’hui de douze autres mis-en-cause. Par ailleurs, il est vrai qu’à l’audience tout ce petit monde s’évertue avec minutie à nier sa participation aux méfaits. Une attitude qui agace la Présidente : « alors vous n’avez rien fait mais comme par hasard, vous vous agitez et vous appelez seulement les nuits où les vols sont commis ! ». A ce moment, l’un des prévenus rappelle que seul Freddy a été vu sur les lieux de certains vols. « Mais des vols y’en a tous les jours, partout, c’est pas de ma faute si je me suis retrouvé à proximité des lieux quelquefois » rétorque le présumé cerveau des opérations.

On entre dans une phase d’accusation réciproque ou le « chacun pour soi » fait désormais légion. La nuit tombe, le public quitte le tribunal, les magistrats ne sont pas couchés…


A.H.

Une TVA à 5,5%, et après ?



Saluée par les professionnels de la restauration en juillet dernier, la baisse de la TVA à 5,5%, et surtout ses conditions, font aujourd’hui grincer quelques dents.

Au 1er juillet 2009, chacun semblait se réjouir d’une pareille mesure. En accordant un taux à 5,5%, l’Etat espérait en contrepartie une baisse des prix des plats (-11,8% sur sept produits) ainsi que la création de 40 000 emplois dans le secteur (promise par les restaurateurs). Ces derniers comptaient, eux, sur cette mesure pour relancer leur fréquentation, en baisse depuis 2008. Seulement depuis quelques jours, la grogne monte chez les restaurateurs, accusés de ne pas jouer le jeu de la baisse des prix (la mesure ne serait appliquée que pour un restaurateur sur deux). Et rien ne s’est arrangé quand Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Tourisme, a convoqué en urgence les représentants des professionnels du secteur pour leur remettre la pression.

Deux poids deux mesures
A Reims comme ailleurs les prix n’ont pas diminué partout. Faut-il pour autant y voir un refus obstiné des restaurateurs ? Pour Dominique B., gérant d’une brasserie en périphérie du centre-ville, la réponse n’est pas là : « je pense que le principal souci c’est que ceux qui prennent les décisions ne connaissent pas la situation sur le terrain. Chez moi, le plat du jour est inférieur à 9€, alors qu’il dépasse les 15€ dans pas mal d’autres établissements, notamment en centre-ville. Il faut comparer ce qui est comparable. Quand on a un plat à 15€, on peut faire l’effort de le baisser de 2, 3€, mais moi, vu mes prix, je ne peux pas me le permettre ». Une position que l’on comprend aisément car il est vrai que si la TVA a baissé, le prix des matières premières lui, reste inchangé - il a même pris 30% en un an et demi - et les taxes sont toujours là. Sur ce dernier point, Dominique dénonce la multiplication des charges imposée par la Ville : « cette année je dois payer plus de 700€ de TEOM et plus de 600€ de taxe de publicité sur les enseignes, sans compter les traditionnels impôts fonciers. Alors que la baisse de la TVA nous aurait tout juste permis de nous en sortir, on se retrouve étouffé de toutes ces nouvelles taxes ! ». D’autant qu’un élément supplémentaire a de quoi agacer les gérants : bien qu’officiellement passée à 5,5%, les centres des impôts ont continué ce trimestre, à prélever à 19,6% la taxe à valeur ajoutée (la régularisation à 5,5% ne devant intervenir qu’au trimestre prochain).

Au vu de cette situation, il ne faut donc pas s’étonner de voir certains restaurateurs privilégier l’assainissement de leurs finances à une baisse de leurs prix et à la création risquée d’emplois.


A.H.