mardi 16 juin 2009

Un tirage au sort aux lourdes responsabilités


C’est la semaine dernière qu’avait lieu le tirage au sort annuel du jury criminel. Ce dernier désigne pour l’année à venir les rémois et rémoises qui seront appelés à siéger en tant que juré titulaire ou suppléant lors d’affaires jugées en Cour d’Assises. En tout, 1035 personnes ont été choisies aléatoirement par ordinateur et recevront prochainement un courrier officiel les informant de ce tirage au sort. Etre juré est un devoir civil et judiciaire s’adressant à chaque citoyen, du moment que celui-ci est âgé de plus de 23 ans, moins de 70, n’a jamais été condamné et ne pratique pas une profession en rapport, de près ou de loin, avec la justice (policiers, avocats, magistrats, huissiers etc.).

A.H.

L'ADMR prend ses quartiers urbains

Déjà installée à Reims et Châlons, l’association du service à domicile qui se cantonnait jusque là au milieu rural, s’installera d’ici la fin d’année dans les principales villes marnaises.

Profitant des lois Borloo, l’ADMR poursuit son développement des services à la personne, non plus seulement auprès des plus fragiles (personnes âgées ou handicapées), mais cette fois en faveur de tous.
« Nous proposons déjà aux familles qui le demandent, des heures de repassage, de ménage, de bricolage ou de la garde d’enfants » énumère Alain Montay, directeur de la Fondation ADMR dans la Marne, qui tient à préciser « qu’il n’est pas question de faire concurrence aux entreprises privées, déjà implantées dans les villes et spécialisées dans ces domaines ». Alors pourquoi vouloir étendre son maillage au milieu urbain ? S’installer en ville s’accompagne en réalité d’un avantage non-négligeable : le nombre évidemment accru de prestataires potentiels. En outre, les personnels de l’ADMR se sont aperçus que depuis une dizaine d’année, bon nombre de prestataires âgés faisaient le choix de retourner vivre en ville (de par la proximité des commerces, des services de santé etc.). Enfin, il se trouve qu’intervenir en ville coûte tout simplement moins cher qu’en campagne (les frais de déplacement étant considérablement réduits). Alain Montay rassure cependant le monde rural : « il n’est en aucun cas question de privilégier la branche urbaine de l’ADMR au détriment des antennes rurales. De même, nous consacrerons toujours davantage d’attention aux personnes les plus fragiles qui représentent plus de la moitié de nos prestataires ». Effectivement, sur les 620 000 heures de travail effectuées chaque année par les 700 aides à domicile à destination des 5 200 bénéficiaires, plus de 50% d’entre elles sont destinées aux personnes les plus fragiles (aide à la toilette, accompagnement social).Des mots du directeur, les entreprises de services à la personne rémoises n’ont pas accueilli avec hostilité l’arrivée de l’ADMR en ville. Reste qu’avec l’ouverture prochaine d’une maison des services estampillée ADMR à Epernay puis une à Vitry-le-François, il y a fort à croire que les différentes enseignes ne pourront malgré tout s’empêcher de rentrer en concurrence.
A.H.

vendredi 5 juin 2009

ça s'est passé au tribunal correctionnel

Il devait y avoir quelque chose dans l’air…

Au tribunal correctionnel cet après-midi là, les sourires pleuvent autant que les condamnations. Deux raisons possibles à ce paradoxe : le grand soleil extérieur et surtout les abracadabrantesques affaires jugées à l’audience. Nous en retiendrons exceptionnellement deux tant la séance fut riche et délicieusement cocasse.
La première histoire met en scène Rachid et Joseph, à peine âgés de vingt-ans. Leur faute : avoir commis des violences sur le vigile du supermarché du coin. Pourquoi donc prendre à parti cette valeureuse sentinelle ? « On lui a demandé s’il nous dénoncerait au cas où on volerait quelque chose dans le magasin et il a dit que oui, c’est vraiment pas sympa ! » explique Rachid. Pas cool en effet…Dire que les deux compères voulaient juste voler des biscuits pour le goûter, le monde est cruel. Amusé, le président se montre taquin : « évidemment je lis que vous niez les faits…Vous êtes juste de bons et honnêtes clients du magasin qui payent tous leurs achats en caisse c’est ça ? ». « Tout à fait monsieur ! » répliquent en chœur les deux comparses, avant de laisser le président poursuivre : « et vous allez me dire que c’est une erreur si vous êtes renvoyés aujourd’hui devant ce tribunal, encore la faute à la société sans doute ? ». C’est l’hilarité générale dans la salle, à tel point que les magistrats eux-mêmes rient franchement. Une décontraction affichée qui redouble lorsque se présente à la barre Thierry. Déjà condamné onze fois, ce quadragénaire se voit reprocher le vol d’une sacoche contenant près de 90€. « C’était mon anniversaire, j’avais pas d’argent mais je voulais m’faire un p’tit cadeau quand même ». Quoi de plus normal ?! Le récit s’intensifie lorsqu’Eric, la victime, affirme que Thierry ne cherchait pas simplement qu’à le voler, mais voulait en outre lui faire des avances. « Quels types d’avances ? » s’interroge le président ; « je vous laisse deviner » répond solennellement Eric. Ce à quoi le magistrat répliquera, le sourire au coin des lèvres : « vous savez, je n’ai aucune imagination, encore moins dans ce domaine ». Et c’est ainsi qu’en moins de trois minutes, Thierry est passé malgré lui de petit voleur à la tire à homosexuel refoulé.La place me manque, mais c’est avec délectation que je vous aurais aussi parlé de Sébastien, jeune incendiaire de 27 ans ayant saccagé un salon de coiffure dans l’unique espoir d’y voler une tondeuse à cheveux. Ô cultissime correctionnelle, puisses-tu être toujours aussi généreuse en affaires incongrues !

A.H.

De l'assiette à l'Europe

En vue des élections de juin, le Parlement européen a lancé une vaste campagne de sensibilisation à travers des conférences-débats intitulées Le Midi du Parlement, dont l’une s’est tenue cette semaine à Reims.

Les élections européennes ne passionnent pas les euro-citoyens que nous sommes et les députés siégeant à Strasbourg l’ont bien compris. Aussi ont-ils mis en place ces conférences dans le but de sensibiliser un maximum de personnes à la thématique Europe.
Organisée à la Fnac devant une trentaine de curieux, la conférence rémoise avait pour thème : Qualité, sécurité, traçabilité : comment l’Europe veille sur mon assiette. Choisir l’alimentation comme sujet principal n’a rien du hasard : ce thème, cher à bon nombre de français, suscitent toujours de vifs débats et moult questions. Rappelant l’implication de l’Europe dans la garantie d’une alimentation saine, à travers notamment un étiquetage fiable, de bonnes pratiques agricoles et la préservation des terroirs, ces rencontres font le lien entre les préoccupations personnelles des citoyens et les idées politiques que l’Union Européenne souhaite diffuser en la matière. C’est dans ce sens que s’inscrit la démarche des intervenants des Midi du Parlement, à l’image de Pierre Bach Thai, vétérinaire consultant et expert auprès de la Cour d’Appel de Reims : « la question de la sécurité alimentaire est une question internationale. Le public ne réalise pas toujours l’importance des décisions prises en hauts lieux à Bruxelles alors que ce sont ces lois qui régissent aujourd’hui les politiques de chaque pays de l’UE». Pour autant, la majeure partie des auditeurs présents ce jour-là à la conférence semblait davantage concernée par l’alimentation en elle-même que par les futures élections. A dix-neuf ans, Alexandre, étudiant en IUT, souhaitait « s’informer sur les mesures d’hygiène aux différentes étapes de la chaîne alimentaire » tandis que Martin, quarante-neuf ans, aurait voulu « porter le débat sur les mesures de sécurité alimentaire dans les exportations ». L’isoloir est encore loin…
A.H.